Concernant France Travail (ex-Pôle Emploi) et ses réformes depuis 2023…
Plus de contexte : La loi « plein emploi » d'octobre 2023 a profondément réorganisé le service public de l'emploi en créant « France Travail » (ex-Pôle Emploi), guichet unique regroupant les missions locales, Cap emploi et les Conseils départementaux. Cette réforme comporte deux volets étroitement liés : (1) un durcissement des conditions d'accès à l'assurance chômage (durée minimale de cotisation relevée, dégressivité renforcée pour les hauts salaires) et (2) l'obligation pour tous les allocataires du RSA de signer un « contrat d'engagement » avec 15 à 20 heures d'activités hebdomadaires (formation, bénévolat, immersion professionnelle) sous peine de suspension de l'allocation. Après une expérimentation dans une cinquantaine de territoires, le dispositif est généralisé à l'ensemble du territoire depuis le 1er janvier 2025 ; les premiers bilans sur le retour à l'emploi restent débattus. Le taux de chômage s'établissait à 8,1 % au 1er trimestre 2026 selon l'INSEE, en hausse continue. Le débat oppose ceux qui estiment que ces réformes criminalisent la pauvreté et excluent des travailleurs précaires, et ceux qui y voient un levier indispensable pour le plein emploi.
- France Travail et ses réformes doivent être abrogées : conditionner le RSA à des activités et durcir l'assurance chômage punissent les plus vulnérables ; il faut une couverture chômage plus universelle et un RSA inconditionnel.
- Les réformes 2023 vont dans la bonne direction, mais leur application doit s'adapter aux situations individuelles : les obligations d'activité doivent être proportionnées, les moyens d'accompagnement renforcés, et les règles d'indemnisation évaluées avant tout nouveau durcissement.
- France Travail est un progrès : les obligations d'activité pour les allocataires du RSA doivent être effectives et les conditions d'indemnisation chômage durcies davantage pour inciter à la reprise d'emploi, notamment dans les secteurs en tension.
Concernant la revalorisation du SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance)…
Plus de contexte : Le SMIC est le salaire minimum légal en France. Au 1er juin 2026, il s'établit à environ 1 478 € nets par mois (brut 1 867,02 €), après une revalorisation de 2,41 % ; au 1er janvier 2026 il était d'environ 1 443 € nets (brut 1 823,03 €). Son niveau est automatiquement révisé chaque année en fonction de l'inflation et de l'évolution des salaires. Le débat porte sur le rythme et l'ampleur de sa revalorisation : certains souhaitent un « coup de pouce » législatif pour dépasser l'indexation automatique, arguant que la progression des bas salaires a été insuffisante face à l'inflation des dernières années ; d'autres considèrent que relever le SMIC au-delà de l'indice nuit à l'emploi en augmentant le coût du travail pour les TPE/PME.
- Pour une revalorisation immédiate et significative du SMIC, à au moins 1 600 € nets, financée notamment par une hausse des cotisations patronales sur les hauts salaires.
- Pour un « coup de pouce » législatif régulier au SMIC, en complément de l'indexation automatique, décidé en concertation avec les partenaires sociaux.
- Pour le maintien du SMIC indexé sur l'inflation, en privilégiant les négociations de branche pour améliorer les rémunérations sans pénaliser les employeurs.
Concernant la taxation des superprofits et le partage de la valeur en entreprise…
Plus de contexte : La crise énergétique de 2022-2023 a relancé en Europe le débat sur la « taxe sur les superprofits » (taxation exceptionnelle des bénéfices anormalement élevés des entreprises énergétiques). En France, le gouvernement a refusé cette taxe tout en approuvant une contribution temporaire sur les énergies. Parallèlement, la loi sur le partage de la valeur (novembre 2023) a imposé, à titre expérimental depuis 2025, aux entreprises de 11 à 49 salariés profitables de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur. Le débat oppose ceux qui souhaitent une taxation pérenne des profits exceptionnels à ceux qui estiment que cette approche pénalise l’investissement.
- Il faut instaurer une taxe permanente sur les superprofits des grandes entreprises et généraliser l'obligation de participation aux bénéfices dans toutes les entreprises, y compris les PME.
- Une contribution exceptionnelle sur les profits anormalement élevés peut se justifier en temps de crise énergétique, mais une taxation pérenne des bénéfices pénaliserait l'investissement et l'emploi.
- La taxation des superprofits est un concept flou et contre-productif. Il faut au contraire baisser les charges des entreprises pour favoriser l'investissement, l'emploi et la compétitivité française.
Concernant l'âge légal de départ à la retraite…
Plus de contexte : La France dispose d'un système de retraite par répartition : les actifs financent les pensions des retraités par leurs cotisations. La réforme de 2023, adoptée via le 49.3, a relevé l'âge légal de départ de 62 à 64 ans et allongé la durée de cotisation requise, malgré une très forte opposition syndicale et sociale. Face aux difficultés politiques, l'Assemblée nationale a voté en décembre 2025 la suspension du calendrier de la réforme jusqu'à la présidentielle de 2027, gelant l'âge légal à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028. L'abrogation complète de cette réforme reste une promesse centrale des partis de gauche. Le financement du système reste un enjeu de long terme : selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit structurel est estimé à plusieurs milliards d'euros à horizon 2030 selon les hypothèses de croissance.
- Pour l'abrogation complète de la réforme de 2023 et un retour de l'âge légal à 60 ans, avec un financement assuré par une contribution accrue des hauts salaires et une mise à contribution des revenus du capital.
- Pour maintenir le cadre de la réforme de 2023 mais l'assouplir : meilleures dispositions pour les carrières longues et les métiers pénibles, âge de départ effectif autour de 63-64 ans.
- Pour maintenir ou renforcer la réforme de 2023, considérée comme nécessaire à la soutenabilité financière du régime, voire envisager un âge légal plus élevé à terme.
Concernant le CIR (Crédit Impôt Recherche)…
Plus de contexte : Créé en 1984, le <a href="https://www.economie.gouv.fr/entreprises/credit-impot-recherche">Crédit d'Impôt Recherche</a> (CIR) est un avantage fiscal accordé aux entreprises qui investissent dans la recherche et le développement (R&D). Son coût représente environ 7 milliards d'euros par an pour les finances publiques, en faisant l'une des dépenses fiscales les plus importantes de France. La Cour des comptes et plusieurs rapports parlementaires (2023-2024) ont critiqué l'absence de contreparties et de plafonnement pour les grands groupes, soulignant que le dispositif profite davantage aux grandes entreprises qu'aux PME innovantes. Ses défenseurs soulignent l'attractivité du territoire et l'importance du soutien public à l'innovation.
- Pour un plafonnement du CIR à 5 millions d'euros par entreprise et l'ajout de contreparties : maintien des emplois R&D en France, critères sociaux et environnementaux.
- Il faut maintenir le CIR avec des ajustements ciblés : plafonnement raisonnable des dépenses éligibles pour les très grands groupes, recentrage progressif sur les PME innovantes et critères d'éligibilité plus stricts, sans remettre en cause l'architecture globale du dispositif.
- Pour le renforcement ou l'extension du CIR sans nouvelles conditions, afin d'attirer les entreprises de R&D en France.
Concernant la durée légale du travail hebdomadaire…
Plus de contexte : En France, la durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine depuis la loi Aubry de 2000. Les heures travaillées au-delà donnent lieu à des heures supplémentaires majorées. Certains secteurs (hospitalier, services à la personne) font face à des tensions liées à cette norme. Le débat oppose ceux qui souhaitent réduire le temps de travail (passage à 32h) pour améliorer la qualité de vie et partager l'emploi, ceux qui veulent maintenir les 35h comme acquis social, et ceux qui plaident pour plus de flexibilité dans la négociation collective. Selon la DARES, la durée effective hebdomadaire des salariés à temps complet est d'environ 38,8 heures en 2023 (heures supplémentaires incluses).
- Pour réduire la durée légale à 32 heures par semaine, sans baisse de salaire, afin de partager le travail et améliorer la qualité de vie des salariés.
- Pour maintenir les 35 heures comme référence légale, tout en permettant des aménagements sectoriels négociés avec les partenaires sociaux.
- Pour assouplir le cadre des 35 heures afin de permettre aux entreprises et aux salariés de négocier librement la durée et l'organisation du travail.